Si on tenait Rey Villalobos, là, tout de suite, on lui dirait sûrement qu’il a changé notre vie. Qu’il a pris la place de tout le monde dans notre cœur et qu’il l’a cassé en deux avec sa voix d’ange, ses arrangements délicats, et ses textes d’une poésie mystique. On lui dirait sûrement ça, ou alors on lui demanderait juste de nous jouer son dernier titre, Beautiful Things, en boucle.

Depuis quelques années, ce maestro de l’émotion joue piano piano avec nos oreilles, nous laissant toujours sans voix, au bord des larmes. C’est d’abord la simplicité de ses titres qui nous anime, le brio avec lequel il libère une telle force emotionnelle sans jamais forcer, sans jamais en faire trop. Beautiful Things, c’est ce genre de titre qui parle sans rien dire de particulier, qui touche ce petit espace très tendre au fond de nous, que peu de musiciens arrivent à toucher. Une voix, un piano, une sombre histoire d’amour et d’oiseaux, et le tour est joué : on est là à attendre que notre coeur reparte alors que le temps s’est suspendu.

En attendant avec une immense impatience de pouvoir écouter en intégralité son dernier album, Daughter of The Sea (sorti sur Dusk, Dais, Dawn), on vous laisse donc entre de bonnes mains, un peu sonnés sans doute, mais les tympans attendris…