On va pas le rappeler, c’est carrément l’angoisse.
On essaye de continuer à écouter de la musique, à s’énerver sur des disques et à boire des bières dans l’hiver qui commence, mais ouais, faut bien le dire, ça a pas le même goût. Ça a pas le même gout et pourtant ce monde pourri continue de tourner, les artistes continuent de créer, et de bons albums continuent à être produits.

Alors, quoi ? Faut juste continuer à inventer des histoires avec des chevaliers et des princesses, pour proposer autre chose. Autre chose que cette espèce d’enfer ambiant, que ce monde de merde qui s’effrite chaque jour un peu plus, qui se désintègre, qui se dévore lui même dans un élan obscène. Faut continuer à profiter des moments simples, des moments d’amour. Faut continuer à en rire mais si on n’y arrive pas encore, faut continuer à se lever le matin en voulant aimer ce monde qui n’aime rien, en voulant aimer, putain. Faut continuer à faire des blagues qui se moquent de tout. Faut rire. Faut continuer à rire, à s’en fendre la mâchoire. Faut continuer à s’engueuler, à faire l’amour, à hurler dans la rue. Faut continuer à sortir, à boire des bières, à lire des bouquins et à écouter des disques. Faut ranger la vie dans la musique, l’amour et les mots.
C’est une mixtape de colère aujourd’hui, une mixtape qui sent la gazoline et l’allumette. Parce que la musique s’énerve en même temps que nous.

Heureusement.

 

A écouter ici

nb: Il y a eu tout un débat au sein de la rédaction quant à savoir s’il était opportun d’utiliser cette image. On en est arrivé à la conclusion que vous liriez le texte auparavant, que vous étiez assez intelligents pour savoir qu’on n’était pas reliés à la NRA et puis surtout cette image c’est une réalité de 2015 de l’autre côté de l’atlantique et c’est ça bien plus que le contexte actuel ou les sensibilités de chacun qu’il s’agit d’interpeller.