Après un premier volet en 2006 puis un autre en 2008, la tête pensante du label Born Bad alias Jean-Baptiste Guillot remet le couvert avec une troisième sortie des désormais célèbres compilations WIZZZ. Celle-ci est consacrée à la période 1967-1970 et à tout ce qu’elle a vu naitre de non-tubes garages, d’échecs commerciaux et de psychédélisme à la française.

Creuser toujours plus profond

Si les deux premiers volumes de WIZZZ s’étaient construits sur une pop psyché française rythmée par les échos déformés de la société américaine 60’s, ce dernier chapitre dévoile quant à lui tout un tas de titres plus sombres et mystérieux les uns que les autres, bien éloignés des sentiers lumineux de la success story à la Jean-Philippe Smet. En s’intéressant de plus près à ce que la pseudo contre-culture française des années soixante a à nous offrir, Jean-Baptiste Guillot fait la lumière sur tout un pan de notre passé musical et sur les stratagèmes marketing inefficaces des grands pontes de l’industrie musicale de l’époque.

Faisant figure d’ovnis musicaux, les compilations WIZZZ, et ce troisième volume en particulier, forment comme un reliquaire drolatique de ce que la France de De Gaulle a produit de mieux en matière de pop alternative. On y croise un chanteur physicien et un crooner reconverti en spécialiste de l’aéronautique, et c’est également le seul endroit où vous pourrez lire des noms comme Jean-Bernard de Libreville et Bernard Chabert à trois lignes d’intervalle. Mais franchement, on reste persuadé ici que l’heure est venue de montrer au monde entier que la France reste, et ce pour toujours, le pays de la chanson et que les sixties ne sont pas que le territoire d’Adamo, de Sheila ou des yéyés, mais aussi celui de tout un microcosme musical qui ne demande qu’à sortir des bas-fonds de ce foutoir qu’est la pop gauloise.

 

Wizzz French Psychorama 1967-1970 - Volume 3
8Note finale
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