J*DaVeY n’a jamais réussi à trouver le bon timing. Sur le papier pourtant, tout semble assez cohérent. Actifs depuis le début des années 2000, les deux membres proposaient déjà ce hip-hop/R&B qui occupait la grande majorité des programmations musicales de l’époque. C’était la période des formations telles que The Neptunes, de l’influence immense de Timbaland ou encore des hits de Kelis. Mais la gloire n’arriva pas, pas faute d’avoir été présents sur Myspace. Aujourd’hui, le duo revient en prenant le parti des nouvelles technologies puisqu’il s’associe à l’application de photos Fyuse pour ce projet. Comme si cette histoire de timing leur était légèrement restée en travers de la gorge, il décide également de se placer à l’avant-garde d’une scène R&B aux influences house bien assumées, histoire d’être sûr de ne pas être le dernier à arriver à la party cette fois-ci.

Nostalgie

Ne vous fiez pas au titre d’introduction, Bit of Banter Intro, cet EP n’a pas décidé d’aller lorgner du coté d’un cloud rap. En fait, c’est tout l’inverse. On ne prendra pratiquement aucun chemin détourné sur cet opus, et on nous le prouve dès le premier titre. Coulda, Shoulda, Woulda a tout du parfait petit tube sucré pour soirées d’été, distillant un motto à la portée de tous sur un rythme bien plus soutenu que le champ de prédilection du duo. On est quelque part entre la piste de danse et le titre pour une motivation solitaire. L’influence des années 90 se fait bien sentir dans un chant qui pourrait être tout droit sorti d’un titre de Kylie Minogue lorsqu’elle côtoyait le haut des charts. Strong Anticipation reprend la même recette en laissant encore plus de place aux influences électroniques. Brook D’Leau semble bien décidé à explorer cette nouvelle aire de jeu qui s’offre à lui et qui pourrait être la clef du succès. Il met aussi particulièrement en valeur les talents de chanteuse et d’écriture de sa partenaire en faisant de sa voix un élément fondamental autour duquel se forment les titres. For Love à la fin de POOM est le titre le plus stéréotypé années 2000. C’est principalement dans le chant que se font ressentir ces références, faisant ainsi appel à nos souvenirs de Nelly Furtado et autres divas déchues.

Let’s talk about you and me

Libido apporte un peu de masculinité dans un EP jusqu’alors très marqué par la voix de Davey. Si les autres chansons traitent des sujets relatifs aux relations de couple avec maturité et introspection, Libido est sans aucun doute la plus explicite dans ses propos en abordant les thèmes de la séduction et du sexe derrière des mélodies pourtant pas si aguicheuses. Dans cette voix profonde en ouverture comme dans la tonalité et le flow que choisit Davey sur ce titre, tout est plus direct, plus brut. C’est l’inverse d’High On Life, deux morceaux plus tard qui, sans doute à cause de son nom, prend de nombreux chemins détournés et s’ouvre à des expérimentations un brin plus psychées entre deux vocalises de l’élément féminin du duo. Bit Of Banter Outro qui clôture l’EP reprend dans une certaine mesure l’introduction. Brouillon, enfumé et très peu intéressé par un quelconque souci de structure ou d’homogénéité, il commence par la voix grave de Davey nous susurrant des promesses d’intimité pour partir vers un dialogue de sourd entre une voix robotique très peu soucieuse d’être intelligible et un homme hilare essayant tant bien que mal de donner du sens à cette situation.

Avec seulement six titres s’étalant sur trente minutes, J*DaVeY ne prétend pas redéfinir quoi que ce soit. Cependant, il propose des pistes d’exploration autour du R&B qui sont tout à fait intéressantes. On ne peut s’empêcher de se dire qu’il y a quelque chose à creuser, quelque chose qu’un format si court ne nous permet pas franchement d’explorer. On ressort tout de même avec la certitude que Brook D’Leau et Davey sont les personnes les mieux placées pour nous faire découvrir ce nouveau monde dont ils nous offrent un aperçu aguicheur sur POMP.

J*DaVeY - POMP
6.5Note finale
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